Tu connais ce moment où tout allait bien, où tu avançais enfin sur un projet, une relation, une habitude qui te faisait du bien... et où, sans trop savoir pourquoi, tu as tout laissé tomber ? Pas à cause d'un empêchement extérieur. Juste... toi, qui as freiné des quatre fers pile au moment où ça commençait à marcher.
En vrai, ce n'est pas de la flemme, et ce n'est certainement pas parce que tu es "pas faite pour ça". C'est de l'auto-sabotage. Et la bonne nouvelle, c'est que ça se comprend, ça se repère, et surtout, ça se travaille.
C'est quoi, l'auto-sabotage, concrètement ?
L'auto-sabotage, c'est cette tendance qu'on a à agir contre nos propres intérêts, souvent sans s'en rendre compte sur le moment. On dirait presque qu'une partie de nous tire le frein à main pendant qu'une autre pousse sur l'accélérateur.
Le piège, c'est qu'on culpabilise après coup. "J'ai encore tout foiré", "je suis incapable de tenir mes engagements", "c'est de ma faute". Sauf que non : l'auto-sabotage n'est jamais un manque de caractère. C'est un mécanisme de protection qui a un jour eu du sens, et qui continue de tourner en pilote automatique.
Pourquoi on se sabote (les vraies raisons, pas les clichés)
Du coup, si ce n'est pas un problème de volonté, c'est quoi ? En général, ça vient de l'une de ces trois racines :
La peur du changement, même positif. Ton cerveau adore ce qu'il connaît déjà, même si c'est inconfortable. Réussir, être vue, prendre plus de place... ça bouscule un équilibre familier, et une partie de toi préfère parfois l'inconfort connu à l'inconnu, même désirable.
Une croyance ancienne qui tourne en fond. "Je ne mérite pas", "si je réussis, on va attendre encore plus de moi", "les gens comme moi ne s'en sortent pas". Ces phrases, on ne les a souvent pas choisies : elles viennent de l'enfance, d'une remarque répétée, d'un contexte familial. Elles se sont installées sans qu'on leur demande la permission.
Une protection contre une déception future. Si tu n'essaies pas vraiment, tu ne peux pas vraiment échouer. Beaucoup d'auto-sabotage, c'est ça : abandonner avant la fin pour ne jamais savoir si, en donnant tout, ça n'aurait quand même pas suffi.
À quoi ça ressemble dans le quotidien
L'auto-sabotage ne porte pas toujours une étiquette bien visible. Il se glisse partout :
Tu procrastines sur la tâche qui compte vraiment, celle qui te rapprocherait de ce que tu veux — pas par paresse, mais parce qu'elle te fait peur. Tu sabotes une relation qui se passe bien en cherchant la petite bête, en testant l'autre, en créant de la distance avant qu'il ou elle ne le fasse. Tu arrêtes le sport, la thérapie, le rituel bien-être pile au moment où tu commences à sentir une vraie différence. Tu acceptes moins que ce que tu mérites — au travail, en amour, avec tes proches — parce qu'une petite voix te dit que "c'est déjà bien pour toi".
Si tu te reconnais dans une ou plusieurs de ces situations, respire. Ce n'est pas une preuve que tu es cassée. C'est juste un pattern à observer.
Comment commencer à en sortir, pas à pas
Il n'y a pas de solution miracle qui efface l'auto-sabotage en une nuit — et franchement, méfie-toi de tout ce qui te le promet. Par contre, il y a une méthode qui fonctionne vraiment, petit à petit :
1. Repérer le pattern, sans te juger. La prochaine fois que tu sens que tu es en train de freiner, note-le. Juste l'observer, sans te flageller, change déjà beaucoup de choses.
2. Remonter à la source. Demande-toi : "de quoi cette action me protège-t-elle, en vrai ?" C'est souvent là que le shadow work entre en jeu — aller voir la partie de toi qui a peur, qui doute, qui a été blessée, plutôt que de la faire taire.
3. Te parler autrement. Remplace "encore raté" par "qu'est-ce que ce moment essaie de me dire ?". L'auto-compassion n'est pas de la complaisance : c'est ce qui te permet de continuer d'essayer, sans t'épuiser à te détester au passage.
4. Avancer par petites actions, pas par grands sauts. L'auto-sabotage adore les objectifs trop gros, trop vite. Des pas plus petits, plus réguliers, laissent moins de prise à la peur.
Le journaling, un outil simple pour désamorcer le pattern
C'est là que l'écriture devient vraiment utile. Poser sur le papier ce qui se passe avant que tu abandonnes, remonter le fil jusqu'à la croyance ou la peur d'origine, ça permet de sortir du pilote automatique. Tu ne changes pas le pattern en l'ignorant — tu le changes en le regardant en face, avec douceur.
C'est exactement pour ça qu'on a créé le Journal Shadow Work — Le chemin, pas à pas. Pas un journal de plus avec des injonctions à "positiver", mais des questions pensées pour t'aider à repérer tes propres mécanismes d'auto-sabotage, comprendre d'où ils viennent, et avancer avec toi-même comme alliée plutôt que comme juge. À 9,90€, c'est un petit pas très concret vers un travail qui, lui, peut tout changer.
En attendant, la prochaine fois que tu sens que tu es en train de tout lâcher juste avant que ça marche : arrête-toi une seconde. Demande-toi ce que tu es en train de protéger. Et rappelle-toi que tu n'as pas à guérir seule, ni tout de suite, ni parfaitement. Un pas à la fois, ça compte déjà énormément.
- Sandra